Pour de nombreuses personnes réfugiées, le financement des études est l’un des plus grands défis. Ces informations donnent un aperçu du coût des études, de l’établissement d’un budget et des possibilités de financement.

  • Préparation et inscription aux études

    Les frais varient considérablement en fonction de la situation personnelle. Les dépenses suivantes peuvent être occasionnées lors de la préparation ou de l’inscription à des études :

    • Cours de langue : il existe différentes offres. Les cours de langue intensifs pour atteindre un niveau linguistique plus élevé sont généralement chers. En règle générale, tu dois compter avec des coûts de 1’000 à 2’000 CHF. Vérifie auprès de l’aide sociale quelles offres peuvent être prises en charge et compare les différentes possibilités de cours.

     

    • Certificat de langue : il faut compter avec des coûts d’environ 200-420 CHF pour le test. Certaines universités proposent leurs propres examens de langue, qui sont un peu moins chers.

     

    • Documents pour l’inscription : les universités exigent souvent des copies certifiées conformes et des traductions certifiées pour l’inscription. Une copie certifiée conforme confirme par un tampon officiel que la copie correspond à l’original. Une telle copie coûte entre 10 et 25 CHF, et 3 à 5 CHF sont facturés par page supplémentaire. Des traductions certifiées sont également souvent demandées. Une traduction officielle d’une langue non européenne, certifiée par un notaire, peut coûter entre 150 et 250 CHF à partir d’une page. Des frais supplémentaires s’ajoutent pour chaque page additionnelle. Pour la traduction, il est possible de demander une offre au bureau de traduction.

     

    • Examen ECUS : l’examen complet allemand coûte 1’050 CHF, l’examen français 870 CHF. Si tu souhaites te préparer dans le cadre d’un cours, il existe différentes offres. Pour l’examen allemand, AKAD propose par exemple une préparation en autodidacte (jusqu’à environ 9’000 CHF pour tous les modules). Pour l’examen français, l’Ecole de Préparation et Soutien Universitaire propose par exemple des cours en présentiel pour CHF 7’700 ou la PrEP à Lausanne des cours pour CHF 9’900 (frais d’examen inclus).
  • Coûts pendant les études

    Le coût des études varie selon que tu vis chez tes parents ou que tu as déjà une famille et selon la haute école que tu fréquentes.

    En moyenne, il faut compter entre 2’000 CHF et 3’000 CHF par mois pour une personne seule. Il s’agit des coûts suivants :

    • Coûts de la vie : les coûts de la vie se composent des frais de logement et de toutes les autres dépenses liées à la nourriture et aux besoins quotidiens. Les frais de logement, en particulier, peuvent être très élevés. Tu peux réduire ces coûts en vivant dans une colocation ou en cherchant un appartement en dehors de la ville – si c’est possible. Dans certaines villes, les étudiants-e-s peuvent trouver des chambres moins chères. Le mieux est de te renseigner auprès de l’association d’étudiants de ta haute école.

     

    • Les taxes d’études : Les taxes sont prélevées par semestre, tu paies donc le montant deux fois par an. En règle générale, ils doivent être payés avant le début du semestre. Les taxes d’études varient d’une haute école à l’autre. De plus, il existe des hautes écoles dans lesquelles les étudiant-e-s titulaires de diplômes étrangers préalables paient des taxes plus élevées. Swissuniversities propose un aperçu du montant des taxes. Dans certaines hautes écoles, les étudiant-e-s en situation financière difficile ont la possibilité de faire une demande d’exonération des taxes. Certaines hautes écoles disposent également d’un fonds social qui peut prendre en charge les taxes d’études. Renseigne-toi à ce sujet auprès de ta haute école.

     

    • Matériel d’études (ordinateur portable, livres, etc.) : Dans certaines hautes écoles, des ordinateurs portables d’occasion sont mis à disposition pour une somme modique. Souvent, il existe aussi des offres qui te permettent d’acheter un ordinateur portable à bas prix en tant qu’étudiant-e. Les livres peuvent souvent être achetés d’occasion à des étudiant-e-s plus âgés. Cherche en ligne, sur le tableau d’affichage de ta haute école, demande à la bibliothèque universitaire ou à l’association professionnelle. Si tu ne peux pas payer ces frais, renseigne-toi sur l’existence d’un fonds social dans ta haute école ou adresse-toi à des fondations.

     

    • Frais de transport : sur sbb.ch, tu peux comparer les différents billets et abonnements et voir quelle est la possibilité la moins chère (billet individuel, abonnement de parcours, Demi-Tarif PLUS, AG,…). Là aussi, un fonds social de ta haute école ou une fondation peut éventuellement te soutenir. Il existe parfois des offres plus avantageuses pour les personnes âgées de moins de 25 ans.

     

    • Assurance maladie : l’assurance maladie est obligatoire en Suisse. Si tu bénéficies de l’aide sociale, tu es généralement assuré par l’aide sociale. Si ce n’est pas le cas, tu dois chercher et payer toi-même une assurance maladie. Ici, tu peux comparer différentes offres de caisses maladie. Les personnes à faible revenu ont droit à des réductions de primes. Tu peux en faire la demande auprès de la caisse de compensation de ton canton. Tu trouveras ici de plus amples informations sur les caisses-maladie et des liens sur la réduction des primes.
  • Établir un budget

    Un budget donne un aperçu de l’argent dont tu disposes et des frais qui doivent être payés chaque mois. Tu trouveras ici des informations et des formulaires pour établir ton propre budget. Tu trouveras également des valeurs indicatives spécialement conçues pour les étudiant-e-s. D’autres sites comme orientation.ch ou des informations de banques comme la Raiffeisen peuvent également t’aider à évaluer les coûts des études et à établir un budget.

  • Possibilités de financement
    • Aide sociale

      L’aide sociale fonctionne de manière subsidiaire. Cela signifie qu’elle ne paie que lorsqu’une personne n’a pas d’autre possibilité de subvenir à ses besoins. Elle prend alors en charge les besoins de base qui permettent un mode de vie modeste.

      L’aide sociale est réglementée au niveau cantonal. Cela signifie que l’aide varie d’un canton à l’autre (parfois d’une commune à l’autre). De nombreux cantons se basent sur les normes de la CSIAS. Celles-ci ne sont toutefois pas contraignantes. Ce que l’aide sociale paie dépend aussi de ton statut de séjour. Les personnes ayant le statut N, F d’étranger-e-s admis-e-s provisoirement et S reçoivent aide sociale en matière d’asile. Celle-ci est environ 30% inférieure à l’aide sociale régulière. Les personnes réfugiées reconnues (statut F et B) reçoivent l’aide sociale ordinaire. Les mêmes taux s’appliquent que pour les bénéficiaires suisses de l’aide sociale.

      En principe, l’aide sociale ne soutient pas les études supérieures. L’aide sociale est généralement conçue de manière à donner la priorité à une entrée rapide sur le marché du travail. Il existe toutefois des exceptions où l’aide sociale prend en charge les frais de subsistance pendant les études. Mais souvent, les frais liés aux études (frais d’inscription, frais de matériel, etc.) ne sont pas payés par l’aide sociale, car ils dépassent les besoins de base. Dans certains cantons, une partie de ces frais est financée par le forfait d’intégration. Renseigne-toi directement auprès de ton assistant-e social-e sur la possibilité d’utiliser le forfait d’intégration.

      Si tu souhaites entreprendre des études, il est important d’en discuter avec ton assistant-e social-e. Pour cela, il est important que tu réfléchisses au préalable aux questions suivantes :

      • Qu’est-ce que tu veux étudier et dans quel but ? Quelles sont tes possibilités professionnelles après l’obtention de ton diplôme ?
      • Remplis-tu déjà les conditions d’admission ou qu’est-ce qui te manque encore pour cela ? L’orientation professionnelle peut-elle confirmer ton potentiel pour des études supérieures ?
      • Combien coûtent les études et comment ces coûts pourraient-ils être couverts ?

       

      Il est important que tu clarifies les points suivants avec ton assistant-e social-e :

      • Est-ce que tu continueras à être soutenu par l’aide sociale si tu fais des études ?
      • Quels frais seront pris en charge ?
      • Ton assistant-e social-e peut-il t’aider à déposer une demande de bourse auprès du canton et/ou d’une fondation donatrice ? Comment l’aide sociale facturerait-elle une telle bourse ?
    • Bourses d'études cantonale

      Chaque canton dispose d’un service des bourses. Celui-ci octroie des bourses pour une première formation lorsqu’une personne ou ses parents n’ont pas assez d’argent pour une formation. C’est le canton de résidence qui est compétent en la matière. Tu trouveras sur cette page les coordonnées des différents services cantonaux des bourses.

      Qui a droit à une bourse ?

      Différents facteurs déterminent si tu as droit à une bourse :

      • Statut de séjour : les réfugiés reconnus avec statut B et F ainsi que les apatrides ont droit à une bourse dans toute la Suisse. Les étrangers-e-s admis-e-s provisoirement (statut F sans statut d’asile) et les personnes bénéficiant d’un statut de protection S n’ont accès aux bourses que dans certains cantons. Les demandeurs d’asile (statut N) n’ont en général droit à une bourse dans aucun canton.
      • Âge : de nombreux cantons ont une limite d’âge. La limite d’âge la plus basse est de 35 ans.
      • Formation préalable : En règle générale, les deuxièmes formations ne donnent pas droit à des bourses, en particulier si le diplôme de la première formation est reconnu en Suisse. Cependant, la prise en compte d’une première formation suivie à l’étranger dépend du canton et de la formation en question.
      • Revenu & fortune : tu dois pouvoir prouver que ni toi ni tes parents (s’ils vivent en Suisse) n’avez suffisamment d’argent pour financer une formation. Cette preuve est généralement apportée par l’avis d’imposition.

       

      Tu trouveras ici un aperçu des critères importants dans les différents cantons.

      Montant du soutien

      Les bourses cantonales sont considérées comme des aides à la formation. Cela signifie qu’elles ne couvrent généralement pas les coûts de la vie et que tu as besoin d’autres moyens financiers pour tes études. Les montants varient également d’un canton à l’autre.

      Si tu bénéficies de l’aide sociale, ta demande doit être déposée en concertation avec ton assistant-e social-e. Souvent, la bourse est versée à l’aide sociale. L’aide sociale comptabilise la bourse comme un revenu et réduit en conséquence l’aide financière qu’elle te verse.

      Si tu as une bourse et que tu travailles à côté et gagnes « trop », tu peux perdre ton droit à la bourse. Renseigne-toi donc auprès de ton service des bourses pour savoir combien tu peux gagner par mois sans perdre ta bourse ou sans que des déductions soient faites.

      Procédure pour la demande de bourse

      Chaque service des bourses a ses propres procédures. Cela signifie que chaque canton a ses propres formulaires et impose des délais différents. Renseigne-toi donc directement auprès du service des bourses de ton canton de résidence.

      La plupart du temps, tu as besoin d’une confirmation d’immatriculation ou d’une attestation de place d’études pour pouvoir déposer une demande. Il faut souvent attendre plusieurs mois avant que la demande soit examinée et que la décision te soit communiquée.

    • Prêt

      Un prêt est une somme d’argent qui est empruntée et qui doit ensuite être remboursée, généralement avec des intérêts. Il en résulte une dette qui doit être remboursée à la fin des études.

      Après les études, les intérêts sont facturés. Il existe des prêts très différents avec des taux d’intérêt très variables. Souvent, l’intérêt est compris entre 4 et 10%. Les services des bourses accordent également des prêts, notamment aux étudiant-e-s plus âgés. La plupart du temps, les prêts sont accordés à des taux d’intérêt bas ou même sans intérêt. Certaines fondations, comme EDUCA SWISS, accordent également des prêts de formation à des taux d’intérêt peu élevés.

    • Job d'étudiant

      Un job étudiant te permet de financer toi-même au moins une partie de tes études. Cependant, travailler à côté des études prolonge souvent la durée des études. Selon le type de travail que tu effectues, une expérience professionnelle peut toutefois être un avantage pour la recherche d’un emploi après les études.

      Selon le poste, il est possible de travailler à temps partiel pendant le semestre ou à temps plein pendant les périodes sans cours. Pendant le semestre, il est possible dans de nombreux domaines d’études de travailler à 20%, c’est-à-dire un jour par semaine. Plus tes études comportent de cours obligatoires, plus il est difficile de travailler à côté. L’idéal est que le job soit flexible en termes d’horaires.

      Si tu as reçu une bourse cantonale, il est recommandé de clarifier combien tu peux gagner en plus. En effet, à partir d’un certain revenu, tu dois rembourser la bourse. Même si tu bénéficies de l’aide sociale, ton revenu sera facturé et déduit de l’aide sociale que tu reçois. Cependant, tu seras exempté d’une franchise de revenu. Celle-ci se situe entre 200 et 700 francs, selon le taux d’occupation et le revenu.

      Permis de travail

      Selon le statut, il existe une obligation d’autorisation (N et S) ou d’annonce (F et B). Renseigne-toi avant l’entretien d’embauche afin de pouvoir, si nécessaire, donner des informations à ton employeur potentiel. Tu trouveras des informations pertinentes entre autres dans cet aperçu de l’OSAR.

      Le salaire horaire des jobs étudiant-e-s se situe souvent entre 17 et 25 francs. Beaucoup de jobs mieux payés exigent de bonnes connaissances d’une langue nationale (p. ex. soutien scolaire ou travail de bureau).

      Recherche d’emploi

      La plupart des hautes écoles disposent d’une plate-forme pour les postes vacants. Tu peux également trouver des offres d’emploi intéressantes sur des plateformes régulières comme jobup ou jobscout24.

    • Fondations donatrices

      Outre les bourses cantonales et les contributions communales, les fondations donatrices octroient également des bourses ou des aides pour des frais concrets liés à la formation. Lorsqu’elles prennent en charge des coûts directs, les fondations donatrices souhaitent souvent effectuer le virement au facturier et payer ainsi directement la facture impayée.

      Les fondations donatrices soutiennent souvent certains groupes de personnes. Par exemple, des personnes d’une région et d’une discipline spécifiques ou des étudiant-e-s qui ont de très bons résultats.

      Vérifie que ta situation correspond au but de la fondation. Tu peux le rechercher dans le répertoire des fondations de la Confédération, auprès de Fundraiso ou de StiftungSchweiz.

      Si tu bénéficies de l’aide sociale, vérifie avec ton assistant-e social-e quels frais peuvent être pris en charge par une fondation sans que cela entraîne des réductions. En règle générale, les fondations donatrices apportent leur soutien à titre subsidiaire, c’est-à-dire uniquement lorsque ces coûts ne peuvent pas être pris en charge par des bourses, l’aide sociale ou d’autres sources. Cela signifie également que pour une fondation donatrice, le montant du soutien ne devrait pas être déduit de ton budget d’aide sociale. Cela est le plus souvent possible en cas de prise en charge directe des coûts, comme par exemple le paiement des frais semestriels.

    • Crowdfunding

      Le crowdfunding permet de recevoir des dons de différentes personnes privées. Il est important de pouvoir bien présenter ton projet de formation. Pour cela, une vidéo est souvent utile. Il y a énormément de projets qui sont présentés sur les plateformes de crowdfunding. Il est donc important de pouvoir convaincre les donateurs et donatrices potentiels de ton idée et de ta motivation. Il existe différentes plateformes de crowdfunding, par exemple gofundme, crowdify ou wemakeit.

      Cette possibilité n’est toutefois pas adaptée si tu bénéficies de l’aide sociale. En effet, ces dons, ainsi que tout soutien financier que tu reçois, doivent obligatoirement être déclarés à l’aide sociale. Comme les dons ne sont pas clairement affectés à un but précis, ils sont dans la plupart des cas déduits de l’aide sociale.

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